Anya Petrova, lolita perverse et ingénue du MNBF

L’on suivra donc Marx quand il écrit que « La philosophie est à l’étude du monde réel ce que l’onanisme est à l’amour sexuel » L’action d’Anya Petrova, c’est un suspense esthétique et érotique qui s’oppose à la i’mmobilisme mécanique et la pesanteur fessière telle qu’elle apparaît chez Schwarzrot et consorts. Et l’on remarquera en effet que l’art du suspens nous met toujours du côté de la grâce, nous force à nous identifier à la beauté, tandis que l’immobilisme et la pesanteur dans la répétition nous obligent plutôt à passer du côté des mauvais, à nous identifier aux imbéciles.
photo_studio_MNBF
La lecture des mâles nazbols peut susciter le dégoût, l’ennui, l’abrutissement du lecteur (ce que recherche d’ailleurs Schwarzrot qui, faute de pouvoir s’élever, veut ramener tout le monde à son niveau), elle ne provoque aucun enthousiasme. Chez eux, les imprécations s’accumulent avec une fureur dormitive. On compte si bien les solécismes et les barbarismes qu’à la fin le comptage est presque plus important que le message. Le nombre l’a emporté sur la dialectique, la praxis extensive a pulvérisé la doxa intensive. Il n’y plus ni ferveur, ni esprit de révolution, mais seulement des formules creuses, des impropriétés orthographiques , des soustractions conceptuelles : un grand zéro partout, du néant à l’état pur.


Au contraire, l’ingénuité perverse d’Anya Petrova étincèle de séduction. Sa description du national-bolchevisme est toujours construite comme une promesse de sensulaité. Comme dans un roman érotique, l’on attend de tomber sur le détail aguichant, le geste significatif, la pose prometteuse. Sauf qu’ici la pose prometteuse sera une pose nazbol (les yeux froncés, le menton décidé, le vagin esquissant un carnassier sourire), le geste significatif sera un geste ibidineux (par exemple de pointer les tétons en signe d’autorité), le détail aguichant un détail pygocole (le mouvement de ses fesses appelant à une sodomie insurrectionnelle) . Anya Petrova est enjouée, espiègle, taquine, n’a froid ni aux yeux ni au clitoris et sait parfaitement mentir, trahir et même se travestir pour la bonne cause. Surtout, elle n’a rien de ces énamourées de la politique française qui se noient dans une sentimentalité répugnante : des emmerdeuses, des casse-couilles de première, des chipies niaiseuses, des ultra-chiantes, alors là, à la pelle, mais des dominatrices malicieuses se réjouissant d’avance de zébrer les fesses de leur Zorro, inconnues au bataillon! Ô combien, donnerions-nous toutes nos démagogues bafouillantes de France pour une ghoule d’Europe de l’Est à la langue prédatricement fellatrice !

shakespeare la mégère apprivoisée                 Steven Shainberg la secrétaire
Anya Petrova est une petite excitée qui adore ce qu’elle fait, en même temps qu’elle le cache, quoique délivrant ici ou là quelques indices pour initiés ou sectateurs. Doctrine lubrique par excellence, le national-bolchevisme apparaît à sa manière comme un sabbat satanique, où bien et mal jouissent l’un de l’autre, où douleurs et plaisirs fusionnent, où surtout dominations et soumissions sexuelles s’inversent. Et c’est pour cela que l’on n’hésitera pas à dire que le vrai national-bolchevik, que la vraie nationale-bolchevique, dans leur pureté radicale et subversive, constituent des réalités sociales déjà existantes et, ajoutons-le, suffisamment décevantes pour qu’on les retrouve encore dans un mouvement qui a précisément promis d’inverser les tendances, les ordres, les sexes et leurs rapports de force. L’homme qui donne la fessée à la femme est une image d’Epinal qui, de « La mégère apprivoisée » de Shakespeare au film de Steven Shainberg (avec Maggie Gyllenhaal et James Spader)  » La secrétaire », fait depuis toujours partie du paysage marxiste-léniniste, et participe largement des stéréotypes du sexe fort et du sexe faible. Certes, entre la femme fouettée par consentement et la femme battue, il y a un gouffre tel que nous comprenons parfaitement ses conSœurs Aryennes rêvant de facesittings fascistes et de tramplings racistes. Mais la lolita nazbol Anya Petrova ne détourne en rien l’ordre sexuel traditionnel et n’a pas ce caractère incongru, subversif, antisocial de l’image inverse – celle de la dresseuse de mecs si chère à la Sororité Aryenne, et telle que la magnifie pour l’éternité Ange10, leur dessinateur officiel.
anya_petrova_tueuse_a_gage_by_ange10

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